Lundi 8 Septembre : J'ouvre les yeux une première fois vers 7h30 après une nuit courte mais d'une traite. Je me rendors un peu, une heure de plus, et émerge dans le salon de la maison d'Antoine, où je retrouve les deux autres couchsurfeuses.

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Elles sont en vacances ensemble et font toute la Corse en stop. Elles ont fait du café frais. Je m'en sert une tasse, une de celles fabriquées par Antoine (toute sa vaisselle ici a été fabriquée par lui). Je me fais un peu de pain grillé avec du bon miel d'arbousier d'un de ses amis apiculteurs, pour accompagner le café. C'est à la fois doux amer, car l'arbousier donne une amertume comme pour la bruyère ou le châtaigner, mais ça reste très parfumé.

Pendant que je déjeune, les filles se préparent pour aller tourner dans l'atelier d'Antoine. Il leur prête même un vieux short qu'elles pourront salir à volonté pendant qu'elles tournent. Il explique à tous les techniques de base pour réussir en réalisant lui-même trois saladiers à la suite, de tailles différentes, les deux derniers à une vitesse impressionnante.

Une des filles s'y met et s'en sort plutôt bien, même Antoine en reste pantois. Elle fait un joli bol recourbé. Il fait chaud dans l'atelier car dans le four est allumé cuit une fournée de poterie de la veille.

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Après avoir vu le bon résultat de ma collègue couchsurfeuse je laisse sa copine essayer et de mon côté retourne au salon. Je discute un peu avec Catherine, celle que j'avais rencontré hier soir, une jeune femme eurasienne, dont j'apprendrais dans la discussion qu'elle a des origines vietnamiennes mais qu'elle n'a jamais eu l'occasion d'aller dans le pays de ses ancêtres.

Je file ensuite à la douche dont je rêve depuis la veille, après une nuit chaude, bien qu'au matin il y avait une bonne dose de rosée un peu partout. Après une douche bien méritée je file voir comment se débrouille l'autre fille. Des clients passent de temps en temps mais certains repartent les mains vides, peut-être étonnés de n'avoir pas été reçus par le maître de maison en train de faire son cours de poterie.

Je décide de retourner au salon et prends quelques photos où l'on peut voir une partie des milliers de briquets dont Antoine fait la collection et faire mon blog pour la journée d'hier. Je termine un peu avant midi, heure où il convient de passer à table, Antoine est très attaché à respecter l'horaire, même s'il mange sur le pouce...avant d'aller à la sieste, dans la plus pure tradition corse (et sarde aussi).

On mange sur la terrasse au soleil une bonne salade de tomates avec du saumon frais et des oeufs accompagnés de la délicieuse mayonnaise maison qu'a fait une des filles ce matin. Elles sont parties un peu avant midi vers Calvi.

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Après ce délicieux repas plein de fraîcheur, un bon café et, Antoine étant parti à la sieste - m'ayant salué au cas où je sois parti avant qu'il ne se réveille pour aller faire son tour à la mer, avant d'ouvrir la boutique - je démonte et range ma tente. Une fois rangé mes affaires je salue Catherine et enfourche mon bolide, qui a soif - j'ai fait 290 bornes avec le plein - et me dirige vers Corte.

Je mets donc de l'essence en ville et j'attaque la grande route vers le centre de la Corse. J'arrive à Venaco en un peu moins d'une heure et m'arrête à Vivario, jolie petite bourgade accrochée à la montagne, boire un café et une menthe à l'eau.

Le jeune du bar me conseille pour la suite de mon périple, et au final, c'est son voisin, lui aussi avec un accent bien poussé, qui me dit de me diriger vers le col de Sorba, que la route et magnifique. Je lui prends de quoi faire une paire de sandwiches : pain, tomate, jambon corse, poitrine corse et fromage corse, les trois derniers ayant sur la balance le même prix : 28€ le kg. Bon ça va, ça fait trois sandwiches à sept euros et des brouettes, mais au moins je sais ce qu'il y a dedans.

Après cette belle coupure de 45 minutes, je me lance donc sur la route qu'il m'a conseillé et qui s'avère en effet spectaculaire et surtout beaucoup moins empruntée par les automobilistes. La route et si belle avec des beaux points de vues et elle monte tellement qu'au sommet, à 1311m, je trouve le brouillard qui va m'accompgner une partie de la descente elle aussi viroleuse à souhait et fraîche car le plus souvent dans une forêt de pins.

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Je passe par Ghisona puis entame la descente vers la mer en passant par le "défilé" une route sinueuse rappelant les gorges du Tarn, accrochée à la montagne qui débouche sur un barrage un peu plus bas. Un vrai régal pour le motard que je suis.

J'arrive à Ghisonaccia après environ une heure de route et me pose un petit moment à la terrasse d'un café / pâtisserie pour reposer mes jambes. Je déguste un gâteau à la farine de châtaigne avec une bonne théière de Lipton. Je reste une bonne demi-heure discutant un peu avec les locaux dont un vieux monsieur bien sympathique. Il me donne son journal car il avait fini avec et je découvre le nom de la plante que je voulais identifier un peu plus tôt dans la journée, l'immortelle de Corse, l'helichrysum italicum.

Cette plante est caractéristique de la garrigue et pousse n'importe où et elle a une bonne odeur de curry. C'est la première chose que j'ai senti en sortant du bateau la veille au soir. C'est la partie sympa de rouler à moto plutôt q'en voiture, à travers le casque on perçoit toutes les fragrances du bord de la route. Hier j'ai senti les lavandes dans la Drôme et les pins dans les Alpes de Haute Provence.

Je reprends la route pour mon dernier tronçon jusqu'à Bonifacio par la route de la plaine orientale, beaucoup plus chargée, et arrive à bon port, celui de Bonifacio, environ une heure vingt plus tard. J'avance ma moto près du quai d'embarquement et me prépare un sandwich en attendant le bateau. J'envoie un message à Jimmy, mon hôte de ce soir, pour qu'il m'explique comment me rendre chez lui.

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On embarque une vingtaine de minutes avant l'heure de départ prévue à 20h. Là on vous attache la moto, ce n'est pas à nous de le faire. Je monte dans la salle et me pose pour écrire ces quelques lignes et faire charger mon portable.

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La traversée est rapide et il est vite temps de redescendre au garage pour remonter sur la moto. Je trouve assez facilement avec l'explication de Jimmy. Il m'accueille dans son appartement vers 21h, et il m'indique où poser mes choses. Il est en train de cuisiner des pâtes pour ce soir, "pasta alla Norma" avec des gnocchetti sardi, la pâte locale, pliée su elle-même faisant penser au gnocchi mais non plein, des courgettes et des olives (qu'il rajoute mais n'est pas dans la recette d'origine). 

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Une magnifique odeur à laquelle viendra se rajouter ce qui me reste de jambon et de fromage corse, accompagné de vin sarde que l'on partage avec Jimmy. Il est anglo-italien mais a vécu en Sardaigne quasiment toute sa vie.

On partage ce bon repas et on discute un peu et je profite de son wifi pour envoyer mon blog.