Mardi 9 Septembre :

Je me lève vers les 8h, avant Jimmy, et me prépare du café moka et déjeune avec le pain qui me restait d'hier. Quand Jimmy se lève on discute un peu puis je vais me doucher. Il me laisse un jeu de clés comme ça ce matin je peux bouger librement.

Du coup un peu avant 10h je pars vers Capo Testa, une presqu'île à trois kilomètres de la ville. Je gare mon engin près d'un buisson au bord de la route, change de chaussures et range la veste pour aller me balader sur la presqu'île, sillonnée de petits sentiers dans le sable et les végétaux de garrigue.

Dès le début on peut apercevoir la Corse en face de nous car nous sommes à une des pointes Nord de l'île. On distingue assez facilement les grandes falaises de calcaire de Bonifacio et, un peu au dessus dans la brume, les montagnes Corses.

Il n'y a pas un pet de vent et il commence à faire bien chaud, tellement que je suis trempé en quelques minutes de balade / grimpette sur les cailloux sculptés par l'eau de mer. Je vais jusqu'au phare, qui ne se visite pas et puis un petit fort qui domine la mer.

Je prends quelques photos dans les cailloux et depuis le fort puis vais me poser un instant à la terrasse près de l'entrée, assoiffé que j'étais, et déguste un genre de panaché au jus de citron très rafraîchissant que fait la marque ichnusa, marque locale de bière.

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Une fois un peu rafraîchi je repars m'habiller chaudement après une grosse heure de visite. Je me dirige vers le centre et prends la direction de Sassari pour aller voir le magasin de bricolage dont Jimmy m'avait parlé pour voir s'ils vendent des câbles USB / Micro Usb pour charger mon portable, celui que j'ai amené étant défectueux.

Je ne trouve pas dans ce magasin mais un tout juste à côté, “cinese”, un magasin chinois type foirfouille où je trouve au moins quatre câbles différents. J'en prends un dont les fils sont entourés de tissus bleu, plus facile à trouver dans le sac. J'en profite aussi pour apporter une petite mais non moindre amélioration à mon confort de conduite, un petit coussin bien rembourré qui me coûte seulement trois euros.

Je le mets en place de suite et suis content de ce nouveau compagnon de route, en tous cas mes fesses lui disent merci. Je m'arrête dans la station attenante au supermarché près de chez Jimmy et mets mes premiers litres de carburant sarde, à 1,70€ le litre d'essence, en moyenne 15 à 20 centimes de plus qu'en France.

Je repasse chez Jimmy pour préparer mes affaires et lui rendre sa clé, le salue et le remercie pour tout et on se dit à dans une dizaine de jours quand je reviendrais pour prendre mon bateau de retour le dimanche 21.

Je file donc sur la route de Sassari, vers 13h, le long de la côte pour un périple assez court, autour de 120 km avec des arrêts le long de cette côte ouest.

Mon premier arrêt est à la plage de Vignola, un petit village tranquille où je peux garer ma moto à l'ombre le temps d'aller déguster mon premier plat de pâtes dans mon premier restaurant avec vue sur la mer. Je choisi spaghetti allo scoglio, au fruits de mer, comme mon voisin de table, et je ne suis pas déçu, le tout accompagné d'un verre de vin blanc local ayant pour cépage du vermentino.

La plupart des fruits de mer sont frais et ça se sent. La note elle est à la hauteur de la vue (les pâtes qui sont une entrée en Italie, un verre de vin et un café, 20€), mais c'était vraiment copieux et très bon.

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Je sors du coup de table vers un peu plus de 14h30 et reprends la route le long de la côte, qui s'en éloigne de temps en temps, pour mon plus grand bonheur, car à chaque fois la route devient un peu plus sinueuse.

Ma prochaine étape est seulement à une vingtaine de kilomètres plus loin, isola rossa, comme l'île rousse de Corse, est un petit village portuaire en face duquel se trouve une île de granit rose à rouge d'où le nom. Je m'y arrête une petite demi-heure le temps de prendre quelques photos et d'aller voir une des nombreuses tours aragonaises disséminées dans toutes l'île, témoins de l'époque où ces espagnols ont dominé l'île, vers le Xve siècle.

Mon arrêt suivant est le magnifique village médiéval et fortifié perché sur une colline au dessus de la mer, Castelsardo. Le ciel s'est un peu couvert depuis peu et les photos que j'essaie de faire d'un peu loin sont un peu trop sombres, j'essaierai de nouveau plus tard. Je me gare dans la montée juste avant la zone à accès limité et avance jusqu'à l'entrée de la forteresse tout en haut du village. La vue d'ici y est panoramique et on peu voir tout le village et la suite de la côte.

Ensuite je vais déambuler dans les petites ruelles de ce centre historique interdit à la circulation et trouve des jolis recoins avec des petits restaurants qui mettent leurs tables aux nappes colorées alignées le long des murs colorés eux aussi, des tons de jaunes, d'ocre, tout le village est ainsi, ça fait penser aux petits villages dans les cinque terre en Italie.

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Après avoir baladé un peu plus et envoyé un message à Rossana, ma couchsurfeuse des deux prochains soirs, je retrouve ma moto et me dirige vers la Roccia Elefante, au nord de la ville, près de la route principale qui m'amènera à Sassari.

Je m'arrête prendre quelques photos de ce rocher creusé et usé par le temps et qui en effet ressemble à un éléphant.

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Je reprends la route pour Sassari et y arrive après avoir éssuyé une petite averse mais dont les effets ont été vite effacés sur l'ensemble de la trentaine de kilomètres qu'il me restait à faire. J'avais assez bien mémorisé la carte de Sassari mais il m'a fallu tourner pas mal dans le centre historique car il est tel un labyrinthe avec plein de sens uniques et j'ai du m'y reprendre à deux fois avant de trouver le début de la rue de Rossana. Je sonne enfin à l'interphone vers 18h30 et monte mes affaires chez elle.

Elle m'accueille chaleureusement et me dit de faire comme chez moi et de me reposer. On discute un peu de tout et de rien, autour d'un verre de bière, et j'apprends que c'est son anniversaire aujourd'hui, 44 ans, et que l'on sortira un peu plus tard en ville avec de ses amis proches pour fêter ça.

On part donc tous les cinq, Rossana, Paula et son mari qui est motard, en Harley, une autre amie à elle et moi, et allons se poser dans un café sur une jolie place animée. Un autre ami vient se joindre à nous un peu plus tard et nous attendons pour qu'on vienne prendre notre commande. Ils sont un peu dépassés par la situation mais enfin quelqu'un vient s'occuper de nous.

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J'en profite pour attaquer de déguster les vins locaux. Je commence par un Vermentino local, très fruité. Ensuite, en grignotant des “baguettes” que ses amis sont allés chercher dans le magasin attenant au bar, je passe au rouge avec un des plus tanniques, le Bovale Sardo puis un peu plus tard le Monica, un cépage cultivé sur tout le territoire de Sardaigne.

C'est sympa, on passe un bon moment, je discute avec un peu tout le monde, mon italien s'améliorant au fur et à mesure de la conversation apprenant quelques nouveaux mots. Rossana travaillant assez tôt le lendemain nous rentrons tous deux vers 23h45 à l'appartement.

Je me couche dans la foulée et tombe assez rapidement, la journée a été longue.