Vendredi 12 Septembre :

Lever à 8h30 après une nuit d'un traite bien reposante, je descends pieds nus prendre mon petit déjeuner sous les tonnelles dans la cour intérieure. On est à mes petits soins dans la seconde. On m'amène de quoi faire du thé, une assiette de gâteaux maison, et il a des jus, du pain, de la confiture, des fruits. Je me fais un vrai festin.

Je monte ensuite me doucher et charge ma moto au minimum laissant mon gros sac à l'accueil. Je pars vers 10h en direction de San Giovanni de Sinis puis Tharros et le Capo San Marco. Je m'avance en moto sur le chemin carrossable jusqu'au phare interdit d'accès car militaire.

De là je pars me faire une balade à travers les buissons de myrthe et jusqu'au cap géographique. Je vois des cormorans près de l'eau sur des parois rocheuses volcaniques et aussi dans les buissons des centaines de libellules, d'un fort bon gabarit, certaines bleues ou vertes.

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Je reste là à balader une bonne heure, vois des campeurs qui se sont posés à l'abri et bien cachés car c'est interdit à cet endroit près de l'eau. Je reprends le chemin dans l'autre sens et m'arrête près du site grec de Tharros que je ne visiterai pas finalement car il n'a rien d'exceptionnel, en tous cas en comparaison avec Volubilis au Maroc par exemple. Je fais quelques photos de l'extérieur de la grille et file vers Is Arutas une des plages au sable granitique blanc et grossier et à l'eau transparente. 

Je me pose avant boire un verre de vermentino à l'ombre avant d'aller me bacquer. Je rejoins la plage au sable si spécial qu'il est interdit d'en emporter (je ne l'ai su qu'en repartant, le mal était déjà fait), si bien qu'ils fouillent dans les aéroports pour ça.

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L'eau est assez chaude et ça devient assez profond rapidement. De plus la mer est assez agitée. Il me faut donc pas trop longtemps pour me mettre à l'eau. J'y reste un bon quart d'heure avant d'aller me sécher et de retourner vers ma Gladius. Je me change et repars vers Cabras en faisant un arrêt à San Salvatore, village mort à l'année avec des maisons de plein pied seulement, qui ne vit que les premiers jours de Septembre pour une fête patronale.

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Arrivé à Cabras je file vers le centre pour trouver un petit supermarché ouvert pour faire quelques courses pour ce midi. J'achète des foccacias déjà agrémentées de sauce tomate ou d'oignons, un fromage sarde en forme de poire comme ils en font en Italie continentale, du jus de fruits, des biscuits et de l'eau. Pour à peine sept euros j'ai de quoi faire deux repas.

Je retourne au B&B chez "Gi et Gio". Je paye ma chambre et discute un petit moment avec les tenanciers. Ils sont en train de faire des desserts avec des sablés et une crème au citron à l'intérieur recouverts de noix de coco, qu'ils me font goûter, délicieux.

Je trace la route vers 14h vers Oristano puis prends la quatre voies pour gagner un peu de temps jusqu'à une sortie, prise au hasard, qui me met dans la bonne direction, Guspini, un des villages où ils font des couteaux. Sur la route il y a un passage à niveau qui est déjà descendu quand j'arrive et qui le reste un bon moment. Le temps de discuter avec les jeunes turinois arrêtés devant moi.

Je traverse Guspini sans voir de panneaux ou de boutiques de coutellerie du coup j'attaque de monter vers Arbus par mes premiers virages de la journée, déjà bien sympathiques. Au passage d'un col on descend sur Arbus qui est tout en descente et en longueur. Là aussi ne trouvant pas de boutiques je finis par m'arrêter un peu plus bas dans un bar où un monsieur bien gentil m'explique où en trouver une. Je me fais mon casse-croûte en dégustant mon deuxième verre de Vermentino de la journée.

Après un bon café serré je retourne vers le haut de la ville et trouve la boutique...fermée. Je retrouve un peu plus haut la direction pour une autre, appelée la colteleria del corsario. Il faut monter une route bétonnée jusqu'à l'atelier de l'artiste coutelier. Un coup de sonnette et ce dernier lève le rideau et me révèle sa collection de couteaux uniques car complètement artisanaux.

Il y a l'embarras du choix mais je finis par trouver quoi prendre pour mon collègue de boulot Steph.Berthet, collectionneur de couteaux. Je lui prends pour exactement ce qu'il m'avait donné d'argent, un couteau 100% sarde avec manche en corne de mouton et lame élargie, typique de Sardaigne, d'un fort beau gabarit, pas énorme non plus, mais unique. Je me prends une taille en dessous en souvenir, moi aussi avec une lame élargie.

Il est déjà 16h30 quand je repars de là, si je veux arriver à Sant'Antioco avant la nuit va falloir que je me bouge un peu. Je continue alors sur pour l'instant la plus belle route viroleuse de Sardaigne que j'ai pris pour l'instant, un virage sur l'autre, par contre je fais pas une moyenne de vitesse exceptionnelle...mais alors quel bonheur.

Entre Fluminimaggiore et Iglesias je fais un arrêt intéressant au temple de Antas, un temple à colonnes bien conservé à côté duquel se trouve un ancien village nuraghique dont on ne peut voir que les ruines circulaires.

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Après ce bref arrêt d'une demi-heure je reprends la route encore bien viroleuse et continue vers la presqu'île de Sant'Antioco. J'entame une partie du tour à la poursuite d'un agriturismo ou d'un camping. Je m'arrête faire des photos du coucher du soleil avant de me rabattre au crépuscule vers un B&B à nouveau, vraiment chez l'habitant.

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C'est le patron qui venait de sortir de la douche d'été qu'il a un peu plus loin qui m'accueille chaleureusement en peignoir et me montre ma chambre.

Pendant qu'il me la prépare on discute un peu, étonné qu'il est de mon niveau d'italien, me disant de me sentir ici comme à la maison. C'est un peu moins cher qu'hier, 40€ avec le petit déjeuner, mais on s'y sent bien.

Je reprends ensuite la moto pour aller en ville, à Calasetta, pour pique-niquer et manger une bonne glace à l'italienne, ma première. Je vais ensuite me poser dans un bar de la rue piétonne doté de Wifi pour écrire ces quelques lignes.

Je rentrerais vers 23h30 pour un repos bien mérité.